"T’aimer"
Au rythme du tambour de ta beauté,
Eternel enroulement de mon âme
Et envoutement de mes plus purs sentiments;
La cadence de ton charme,
Exaltation de mon regard que tu prends en gage ;
La magie de tes envies, ce doux parfum
Que mes désirs font exhaler à la cime de ta sensualité;
L’écho de ton sourire,
Qui mon ardeur effleure et glorifie.
A cet étrange rythme,
À sûr coup irrésistible,
Mon cœur perd toute discrétion
De son ordinaire battement,
A l’expectative de ton irrésistance,
Il se voit volontiers emporter.
Sanctuaire de tellement d'arts, moderne et antique,
À tous les principes de l’esthétique:
Rythme, harmonie, articulation,
Équilibre, divine proportion et métrique,
Mon cœur dans ta contemplation
Se convertit en ce qu’il y a de plus classique,
Mais atypique et mystique.
Ne pouvant plus l’œuvre du commun des mortels,
Dans son salon l’accrocher
Il est à la fois et volontiers, esthète et mécène,
Et de la vie tout en reste
Pour lui n’est que bagatelles.
Ta contemplation m’est aliénation
Indispensablement elle s’érige
Tant à bord de mon âme
Que celui de mon esprit.
Mes souvenirs le font drame et blâme
Jour après jour, sans lieu à la fatigue ni ennui,
Avec le bonheur à la portée d'une seule et unique aspiration,
Celle de t’aimer encore et toujours, en toute obsession
Mais sans faire de toi ma possession,
Sans te mettre en captivité,
Tout en te laissant avec ta pleine liberté,
Ainsi que ta dignité et humanité recouvrer,
Sans te matérialiser et surtout sans te privatiser.
Tu me fais la félicité entrapercevoir;
A travers de l’amour les vertus de diamant
Dont le haut pourcentage de carbone injustement
Dans les conditions excessives et anormales
De pression et de température,
Tels de véritables cannibales,
Sans capture ni pâture,
Sa destruction laisse concevoir.
Ainsi, sans charme; sa beauté se vaporise
Et l’atmosphère du cœur maitrise
Dans le cataclysme des sentiments
Qui nos entrailles broient et noient
Nos énergies durablement renouvelées,
Se créent sans se transformer.
Tu constitues le courant de mes sentiments,
Tu me conduis à tes destinations, tel le vent
Tantôt, tu me fais ta rivière,
Et je déborde tes frontières,
Tu me mets en crue ;
En avalanche tu me transformes ;
A plus rien je me conforme
Je fais tout de manière crue
Et, mon amour à travers tes cent-mille portes,
Tout ce qui est sur son passage emporte.
Tu me fais tantôt volcan,
Au flanc de ta moindre flamme
Je me mets en éruption
Et mes laves me débordent l’âme.
Aussi antique et habile que moi,
L’homme primitif, dans sa quête
En vue du feu la découverte,
Véritable armure contre le froid
Quant à la sauvegarde de l’espèce
Dans toutes ses facettes et pièces.
Que de menaces, que de périls
Tel aujourd’hui dans les grandes villes,
Plus de mise en commun
De la conservation il n’en reste que l’instinct
Sans pour la garantir les réels moyens
Tout reste et demeure opportun
Et du regret le malodorant parfum.
Alors, de ton charme,
Il en fallait du feu la domestication,
Et au prix de tant de larme,
Mon amour en proie à la glaciation
Véritablement se revigorasse
Tel dans un devis vorace
La nuit qui jamais ne passe.
Amour, ardente flamme
L’humanité te réclame,
A travers tous les âges sans cesse,
Elle te veut son oriflamme,
Sa gloire, sa fierté et son allégresse.
Aujourd’hui encore comme des ratés, épiée,
Tandis que celle-ci par dedans nous a consumés
Au plus haut degré de ses feux niant toutes trêves
Dans la sublimation de nos désirs, nos rêves,
Nos vœux, nos envies, nos folies et nos caprices,
Au plus profond de leurs cicatrices.
Dans les entrailles crématoires du bonheur,
Peut-être, comme celles de toute divinité,
Dépourvues d’angoisse, de peur et de pleur,
Aux plus lointains moments d’adversité,
Déception, colère, déboire, faiblesse,
Inclinations, émotions, stress et détresse,
Que le cours des événements de notre histoire,
Ait pu avoir causé et nous faire aspirer
A ce qu’on n’avait du jamais avant espérer
Y patauger au point d’y submerger,
Jusqu’aux instants les plus sublimes.
Fantasme et fascination nous enroulent;
Sensualité, sexualité nous défoulent.
En nous ils ne font que leurs œuvres poursuivre
Et tout nous font revivre,
Sans pourtant trace aucune laisser
Ni amour, ni désir, ni envie
Ni regret, ni remord ni folie
Pas même ce qu’ensemble nous aurions pu partager.
La vie, le bonheur et la joie
Avec la mort, le malheur en proie
Personne ne peut rien leur imposer
Ni leur arracher ce qui leur est assigné,
Tel est donc de l’homme la vraie destinée
Notre existence est des deux côtés vouée
A tellement de fatalités
Elle ne se trouve donc dans tous les sens
De par son immuable quintessence
Qu’entre deux extrémités
Et d’en faire un choix,
On n’en a guère le droit:
Ce qui n’est pas planifié
Dit-on, relève de la spontanéité ;
Ce qui parait fortuit
Ne peut être à la fois gratuit
Le bon et le mauvais,
Le bien et le mal
Le vrai et le faux,
L’amour et la haine
La paix et la guerre
La destinée et la fatalité
La vie et la mort,
Le bonheur et le malheur,
La sérénité et la peur
L’abstrait et le concret
Ne sont point contraires
Sinon, complémentaires,
Et inversement proportionnels,
A la seule différence,
Au cours de notre existence,
Selon qu’on soit charnel ou spirituel
Son usage,
Dans notre entourage,
Perd ou augmente de fréquence.
On est tous ce jardin
Où croît tout type d’arbres
A l’incertain destin
L’ordre du don de leur fruit,
Est plus que fortuit,
Il est pour certains, interdit
Et pour d’autres, don gratuit.
Mais, par sa durée de vie impérieuse,
Souvent nos aspirations il met en veilleuse
Il est capable, à un certain moment,
De nous convertir en Ange ou en démon
En Titan ou en Tiran,
En Fou ou en sage,
En homme cultivé ou en sauvage,
En sentimental ou en bossal,
Enfin, en qui dans cette vie
Est du domaine de la folie,
C'est-à-dire entre l’homme et l’animal,
Entre sujet et objet,
Cette perpétuelle lute sans succès.
On est donc, a tour de rôle,
Même si cela parait drôle :
Producteur et consommateur,
Porteur et récepteur,
De sentiments et de vertus,
De cette dévotion est toujours vêtu.
Sous l’effet d’excès de contemplation
D’admiration et d’exploitation,
Arrivé à un certain temps,
Tout vers la routine tend
Et, entre l’intérêt et les sentiments
Peut importe celui qu’on place avant
Un peu d’habitudes, de sincérité
Ainsi que de fidélité,
C’est qui a caractérisé depuis toujours
Et qui caractérisera pour toujours
L’ambiance entre les amants
Ou qu’ils se trouvent sous le firmament.
Nos propres appréciations,
Que de bonnes intentions nous présagent
Pour que les vrais sentiments se partagent
Telle la muse qui serpente au tréfonds de nos sens
En vue de nous transformer en toute dépendance
En esthète ou mécène du plus antique,
Transcendantal et polémiques des arts,
Véritable fruit du hasard,
Ainsi que de notre existence problématique :
Celui de t'aime a toute heure et a chaque instant,
Dans les bons comme dans les mauvais moments,
Dans toute ton intégralité et totalité
Sans te posséder et surtout sans te changer,
En tout honneur et fierté,
Et t’appartenir, volontiers,
Encore et pour toujours
Tant dans la soie que dans le velours
Et ce, même après le décès,
De notre existence le vrai succès.
Plus que de mon existence elle-même,
S’il y a une chose au monde dont je suis plus que sûr,
C’est que je n’aime rien que toi-même.
Je pourrais bien ne pas avoir vu le jour mais, à coup sûr
Peut importe la où je me trouverais
Ou que toi, tu te trouverais, je t’aimerais.
Camilingue